Marcellin Berthelot, de son vrai nom, Pierre-Eugène Marcellin Berthelot, est un ancien académicien, chimiste, historien et homme politique français.
Né le 25 octobre 1827, c’est à Paris, dans le quartier des Tuileries, que l’enfant, fils de médecin, grandit. Elève doué, il étudie
au lycée Henry IV, où il s’intéresse aux lettres, à la philosophie, à l’histoire ou encore aux sciences. Des domaines dans lesquels
il réussit brillamment. Puis, hésitant dans un premier temps sur le choix de sa carrière, le jeune homme décide finalement
d’intégrer la Faculté des Sciences de Paris, avant de s’orienter vers la chimie et d’effectuer de premières expérimentations
dans le laboratoire du chimiste français Théophile Jules Pelouze, dans la rue Dauphine. C’est ici qu’il réalise un premier travail
sur la dilatation des gaz, alors qu’il n’a que 22 ans. Quelques temps plus tard, en 1851, Marcellin Berthelot entre comme collaborateur
au Collège de France, où il aide le chimiste français Antoine Jérôme Balard à préparer des expériences scientifiques.
Une expérience marquante, qui lui permettra, comme beaucoup de chimistes de son époque, de débuter des recherches
sur des composés organiques de nature assez complexe.
De là, ses travaux vont lui apporter une certaine notoriété, notamment grâce à la réalisation de la synthèse
de l'éthanol en 1855, celle de l'acide formique en 1856, du méthane en 1858, ou encore du benzène en 1866.
Ces différentes expériences remettront notamment en cause la théorie, communément admise à cette époque,
selon laquelle ces composés organiques ne peuvent être créés que par des organismes vivants.
Cependant, le scientifique ne connaît son plus grand succès qu’en 1863, grâce à la réalisation de la synthèse de l’acétylène, effectuée à partir de carbone et d’hydrogène sous l’action d’un arc électrique (« œuf électrique de Berthelot »). A ce propos, une publication mentionnera que « la préparation synthétique de l’acétylène dans l’œuf électrique constitue une des plus célèbres expériences de toute la chimie. Pour la première fois, une synthèse totale était réalisée en laboratoire ».
En 1854, Berthelot obtient son doctorat grâce à sa thèse sur la structure et la synthèse des graisses et sur les combinaisons du glycérol avec les acides, puis, il décroche son diplôme de pharmacien en 1858, avant de devenir l’auteur du célèbre ouvrage sur la Chimie organique fondée sur la synthèse en 1860. Fort de son succès, il se voit attribuer, cinq ans plus tard, une chaire consacrée à cette discipline au Collège de France. Aussi, bien que Marcellin Berthelot ne fasse pas de découverte révolutionnaire, il est élu à cinq reprises président de la Société chimique de France. Ce qu’il invente créer par ailleurs un impact considérable dans l'évolution de la chimie. Il est par exemple le premier à étudier la décomposition des composés explosifs et à fournir des notions sur ce phénomène. Il étudie par ailleurs les quantités de chaleur mises en jeu dans les réactions et invente avec Paul Vieille, la bombe calorimétrique, devenant ainsi le promoteur de la thermochimie dont il contribue à faire une science entre 1864 et 1879. Grâce à sa détermination l’homme abordera ainsi, toute sa vie, des problèmes nouveaux, dans le seul but de servir la société.
A 34 ans, Marcellin Berthelot épouse Sophie Niaudet, de 10 ans plus jeune et dont il aura six enfants sur leurs 46 ans de vie commune. L’homme côtoie également les grands esprits de son époque comme Claude Bernard, ou encore le philosophe et historien français Ernest Renan, avec qui il noue une solide amitié qui durera jusqu’à la mort de ce dernier le 2 octobre 1892. L’ouvrage de Berthelot « L'avenir de la science », paru en 1849, doit d’ailleurs beaucoup à l’influence de son ami. C’est également le cas de « La science idéale et la science positive », une lettre ouverte à Renan parue dans « La revue des deux mondes » en 1863, puis reprise dans son ouvrage « Science et philosophie » en 1886. Concernant ses écrits justement, l’œuvre de Berthelot est considérable et plus particulièrement en ce qui concerne ses ouvrages scientifiques. Parmi ses œuvres les plus connues on retrouve ainsi le « Traité pratique de calorimétrie chimique » paru en 1893, ou encore les « Recherches expérimentales », en 1901. En parallèle, l’homme écrit près de 500 à 600 mémoires qui seront publiés sans interruption de 1850 à 1888 dans les « Comptes Rendus de l'Académie des sciences » et dans les « Annales de Physique et de Chimie ». Il sera également à l’origine de divers articles, ainsi que d’un nombre important d’autres ouvrages. Pour exemple, il s’intéresse beaucoup à l’Alchimie, et se fait traduire des écrits de plusieurs pays (grecs et arabes) afin de mieux comprendre cette science. Puis, il rédige des livres tels que « Les Origines de l’Alchimie » en 1885, ou encore une « Introduction à l’étude de la chimie des anciens et du Moyen-Âge ».
C’est également lui qui prendra la direction de « La Grande Encyclopédie », dont la publication s’échelonne, en France, de 1885 à 1902. L’ouvrage, qui comprend 31 volumes de 1 200 pages chacun, et doté d’environ 200 000 articles, dresse plus particulièrement l'inventaire des connaissances humaines de l’époque. Les disciplines scientifiques y tiennent une place particulièrement importante.
Cependant, l’ambition de Marcellin Berthelot ne s’arrête pas à l’étude la chimie, ni à l’écriture d’ouvrages, et, désireux de s’enrichir davantage, il voyage dans de nombreux pays comme par exemple en Allemagne, en Angleterre, en Italie, au Danemark ou en Suède. En novembre 1869, il assiste ainsi à l’inauguration du Canal de Suez et visite l’Egypte. Puis, en avril 1887, il réalise un voyage en Algérie lors duquel il inaugure les écoles d’enseignement supérieur à Alger et réalise une étude des écoles françaises et locales de la Kabylie.
Concernant sa carrière professionnelle, il deviendra tour à tour, membre de l'Académie de médecine en 1863, membre de l'Académie des sciences en 1873, ou encore de l'Académie française en 1901, en remplacement de Joseph Bertrand. Marcellin Berthelot sera par ailleurs nommé inspecteur général de l’Enseignement supérieur en 1876, avant de se lancer dans la Politique comme sénateur inamovible en 1881. Par la suite, il occupera différentes fonctions ministérielles et devient ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts, du 11 décembre 1886 au 17 mai 1887 dans le gouvernement René Goblet, mais également ministre des Affaires étrangères, du 1er novembre 1895 au 23 avril 1896, dans le gouvernement Léon Bourgeois.
Marcellin Berthelot s’éteint quelques années plus tard, le 18 mars 1907, à l’âge de 80 ans, quelques minutes après la mort de son épouse Sophie Niaudet. L’homme ayant souvent répété qu’il ne souhaitait pas survivre à sa femme, la thèse du suicide reste la plus probable. Le gouvernement, qui souhaite rendre hommage au grand homme, décide alors de transférer ses cendres au Panthéon, où sa femme sera inhumée avec lui.