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A voir : Notre-Dame de Chartres

CHARTRES (France), célèbre et ancienne ville de France, aujourd'hui chef-lieu du département d'Eure-et-Loir, à 83 kilomètres sud-ouest de Paris ; en latin Autricum ou Carnutes. Avant que le christianisme eût été prêché dans les Gaules, les druides étaient dans l'usage de s'assembler tous les ans aux environs de Chartres. On prétend qu'ils avaient en ce lieu un sanctuaire révéré. C'était, dit-on, une grotte, où ils honoraient une statue qui représentait une femme assise, tenant sur elle un enfant, et l'autel portait cette inscription : Virgini paritura ; « A la Vierge qui doit enfanter. » Lors de la prédication de l'Evangile, on bâtit sur cette grotte une église, vers le milieu du IIIe siècle, au plus tard, La contrée regarde comme son premier évêque, saint Aventin, disciple de saint Savinien, envoyé de Rome dans les Gaules, avant l'an 232. Chartres se distingua dès lors par son attachement à la foi. On raconte que plusieurs martyrs furent jetés dans le puits qu'on voit encore dans la cathédrale, et qui, s'appelle encore aujourd'hui le puits des forts. L'église de Notre-Dame de Chartres passe pour un des beaux monuments de la France. Plusieurs fois elle est devenue la proie des flammes, particulièrement en 740 et en 1020. Mais toujours le peuple fidèle l'a tirée de ses ruines, et l'a rétablie avec une nouvelle magnificence. Lors de l'incendie de 1020, Chartres avait pour évêque Fulbert, prélat recommandable par sa science et ses vertus. Quelques écrivains lui donnent même le titre de saint. Le désastre qui avait ruiné la demeure de la sainte Vierge, l'affligea sensiblement. Il conçut donc le dessein d'y remédier, et fit appel à la piété des peuples chrétiens. Il eut recours aussi à Robert, roi de France, A Canut, roi d'Angleterre et de Danemark, et à Guillaume, duc d'Aquitaine il déploya tant d'activité, qu'en moins de huit ans il rebâtit cette grande basilique, et la mit presque dans l'état où nous la voyons aujourd'hui. Plusieurs de ses successeurs, et en particulier Ivon, mort vers l'an 1116, imitèrent son zèle pour le sanctuaire de la Vierge, et contribuèrent de tout leur pouvoir à son embellissement. Cette église ne fut cependant consacrée que sous le règne de saint Louis, en 1260. Sous les auspices de ce grand roi, le culte de Marie y reçut de nouveaux accroissements. Le concours prodigieux des peuples, surtout dans le mois de septembre, a la Nativité de la sainte Vierge, fête que Fulbert avait établie dans sa basilique, attirait en foule à Chartres les pieux pèlerins des provinces adjacentes. Ce sanctuaire possédait plusieurs reliques insignes de la Vierge, entre autres un vêtement de lin vulgairement appelé la chemise de la Vierge, donné par Charles le Chauve. On le conservait dans une châsse d'or, garnie de diamants. La révolution de 1798 détruisit ce monument, ainsi que la statue de la Vierge, qu'on honorait dans la chapelle souterraine. Celle qui ornait la chapelle supérieure échappa miraculeusement à cette profanation. La ville dut plusieurs fois son salut à la Vierge de Chartres : après l'avoir sauvée de Rollon, duc de Normandie, vers l'an 911, elle la délivra encore en 1137 de la fureur de Louis le Gros, irrité contre Thibaud, comte de Chartres, et prêt à mettre le feu à la ville et à sa cathédrale. En 1360, sous le règne malheureux du roi Jean, après la bataille de Poitiers, le roi d'Angleterre jusque-là vainqueur des Français, s’humilie devant la Vierge de Chartres et jure de donner la paix à la France, si le ciel propice à ses prières arrête un violent orage qui menaçait d'exterminer son armée. L'orage s'apaise par l'intercession de Notre-Dame, et le terrible Edouard consent à signer la paix au funeste traité de Brétigny. Dans un autre pressant danger, dit l'Histoire des pèlerinages aux principaux sanctuaires de la Mère de Dieu (Paris, in-18, Périsse, 1840), Chartres dut encore sa conservation à Marie. En 1568, les protestants, révoltés contre leur souverain, mirent le siège devant cette place. Ils avaient principalement tourné leurs efforts contre une des portes de la ville, où était placée une image de la Vierge avec ce titre : Protectrice de Chartres, Carnutum tutela. Jamais les boulets ne purent l'atteindre. La brèche fut cependant ouverte; mais il fallut lever le siège. On institua, en action de grâces, une procession solennelle qui se faisait le 15 mars de chaque année. La reconnaissance des citoyens ne se contenta pas de ce seul témoignage. Pour perpétuer le souvenir de ce bienfait, ils érigèrent une chapelle sous le titre de Notre-Dame-du-Rempart, et ils y suspendirent les boulets des assiégeants. Voici, ajoute le même auteur, des traits de protection qui regardent des particuliers. En 1396, Bajazet délit les chrétiens prés de Nicopolis, en Bulgarie. Charles VI, roi de France, avait envoyé un grand nombre de gentilshommes au secours de Sigismond, roi de Hongrie. Parmi eux était le seigneur de Coucy. Ce seigneur ayant été fait prisonnier, et voyant qu'on égorgeait les captifs, eut recours à Notre-Dame de Chartres. Il se dévoua, dans sa ferveur, à sa puissante protectrice, et il se trouva miraculeusement délivré. Les attestations juridiques de ce prodige étaient encore, en 1789, dans les archives de l'église de Chartres. En 1523, le baron de Breuil, alors en Italie, fut soustrait à la mort par une cotte de Notre-Dame de Chartres, qui se trouva intacte, quoique les autres vêtements fussent brûlés. Il vint l'offrir à sa libératrice avec un boulet tombée ses pieds. Le même prodige se renouvela près de Calais, en 1558. Saint Louis fit à Notre-Dame de Chartres des fondations dignes de sa piété et de sa royale munificence. Philippe le Bel, après la bataille de Mons-en-Puelle, en 1304, et Philippe de Valois, après celle de Cassel en 1328, vinrent remercier la Vierge de Chartres de sa puissante protection. Ce dernier lui offrit même une partie de son armure. Louis XI visita souvent cette église. François Ier y vint deux fois. Henri III y parut en grande pompe et Henri IV s'y fit sacrer. Louis XIII la visita jusqu'à trois fois. Anne d'Autriche fit le même pèlerinage, et elle rendit à la Reine des cieux de très-humbles actions de grâces pour la naissance et la conservation de l'enfant qui devait être appelé le plus grand de nos rois. La cour s'y transporta, après que le ciel eut donné à la France le duc de Bourgogne, père de Louis XV. La reine Marie Leksinska suivit de si pieux exemples ; elle visita la Vierge de Chartres, après avoir mis au monde le dauphin, père de Louis XVI. Madame la duchesse d'Angoulême vint à son tour lui offrir les vœux et les hommages de sa vénérable famille. Cependant un accident terrible jeta dans toutes les Ames les plus vives alarmes. Au mois de juin 1836, un incendie éclata sous le toit de l'édifice. Le zèle des habitants employa avec intrépidité tous les secours humains, et la charpente seule fut la proie des flammes. On la restaure à grands frais, et elle sera remplacée par une toiture de fer. Pour terminer notre article, nous allons ajouter ici quelques détails sur l'incendie, puisés dans un recueil contemporain de l'événement (le Moniteur de la Religion, 25 juin, 1836.) La quinzaine dernière, un événement déplorable a donné lieu à une vive manifestation de l'opinion publique à Paris. Cette population, si frivole dans ses habitudes et dans ses goûts, qui passait la veille prés de Notre-Dame avec la plus profonde insouciance, s'était réveillée le lendemain toute pleine d'admiration pour les monuments religieux. Quelle était la cause de ce changement subit? La voici. La nouvelle était arrivée que les flammes consumaient la cathédrale de Chartres. Peu l'avaient vu ; mais on disait que c'était un monument magnifique, et il n'en fallait pas davantage pour exciter une sympathie universelle. Dès lors, tout ce peuple s'émeut, s'interroge, recherche avidement les détails de l'incendie. Aujourd'hui encore, ce sinistre est l'objet des entretiens de tous les groupes ; et l'histoire nationale est si peu étudiée, si peu connue, qu'on accueille avec une sorte de reconnaissance l'érudit qui peut parler pertinemment de cette belle basilique. N'est-ce pas quelque chose de bizarre, qu'il soit nécessaire que nos cathédrales brûlent pour que nous consentions à les connaître? Chartres est une des plus anciennes villes de France. Elle est traversée par la rivière d'Eure, qui la coupe en deux parties. Elle est le siège d'un évêché qui fut, dans le principe, suffragant de l'archevêché de Sens, et est devenu depuis suffragant de l'archevêché de Paris. L'évêché de Chartres, avant le démembrement occasionné par l'érection de siège de Blois, était un des plus considérables du royaume : il comptait dix-sept cents paroisses. Sa cathédrale est une des pages les plus merveilleuses de l'architecture du moyen âge. Mais ce serait une erreur de croire qu’elle fut, dès l'origine ce qu'elle est aujourd'hui ; son histoire est, au contraire, toute pleine de troubles et de douleurs. La fondation de la première église de Chartres remonte au IIIe siècle ; mais ce ne fut que dans le IVe, lorsque Constantin eut autorisé l'exercice public du culte catholique, qu'on put élever un temple digne de la majesté des cérémonies chrétiennes. En 805, les Normands pénétrèrent dans la ville, sous prétexte de recevoir le baptême et de rendre les derniers devoirs à Hastings. Le redoutable chef n'était pas mort, et on le vit bientôt aux ravages horribles qu'il exerça dans la ville. Moins d'un siècle après, l'église était sortie brillante de ses décombres, lorsqu'en 962, elle fut brûlée de nouveau, pendant la guerre entre Thibaud le Tricheur, comte de Chartres, et Richard, duc de Normandie. Les habitants la relevèrent ; et cette fois ce fut la foudre qui la consuma en entier, le 7 septembre 1020. Mais alors, la ville de Chartres possédait, comme aujourd'hui, un prélat plein de vertu, de science et de renommée, Fulbert, qui avait été disciple de Gerbert, devenu pape sons le nom de Sylvestre II. L'évêque Fulbert mit tout en œuvre pour réparer le désastre de son église. La dévotion, la charité, l'émulation, vinrent au secours de son zèle. Il alla frapper à la porte des grandes dames, des seigneurs, des bourgeois, des manants, et recueillit partout d'abondantes aumônes ; tous contribuèrent pour leur part ; et on vit les rois de France, d'Angleterre, de Danemark, Richard, duc de Normandie, Guillaume, duc d'Aquitaine, au nombre des donateurs. L'élan fut si prodigieux et l'enthousiasme si universel, que des grands personnages et des femmes du plus haut rang ne dédaignèrent pas de traîner des charriots et de porter des pierres. On voit encore sur les vitraux les images, les emblèmes et les attributs de ceux qui concoururent à la réédification. La cathédrale de Chartres avait été primitivement construite en bois ; cette fois elle le fut en pierre, qu'on tira des carrières de Berchères, sur la route d'Orléans. Mais, ainsi que nous l'avons dit en commençant, cette cathédrale ne fut bâtie que successivement. Le portail méridional fut construit, vers 1060, aux frais de Jean Cormier, qui était né dans la ville de Chartres, et médecin de Henri Ier. En 1088, la princesse Mahaut, veuve de Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, fit couvrir de plomb le chœur, la croisée et une partie de la nef. Le grand portail, la nef et les deux clochers furent terminés vers 1145. Ce ne fut que le 17 octobre 1260, que Pierre de Maincy, soixante-seizième évêque de Chartres, la dédia à la Vierge. On avait mis cent trente ans à la bâtir ! Il entrait vraisemblablement dans le plan primitif que les deux tours du portail fussent semblables. Une seule cependant fut bâtie d'abord, celle de droite, appelée le vieux clocher. En 1395, ce clocher fut démoli de vingt pieds et reconstruit à neuf en pierres. L'autre tour ne fut montée que jusqu'à une certaine hauteur, ce qui lui donna la forme d'une tour carrée. Les pèlerins accouraient autrefois en foule, de tous les points de 1'Europe et de l'Asie, visiter la cathédrale de Chartres. Ce qui attirait principalement ces pieux voyageurs, c'était la chemise de la Vierge, qu'on y conservait. Nicéphore, empereur d'Orient, envoya cette relique à Charlemagne vers l'an 803, et Charles le Chauve en fit présent, en 877, à l'église de Chartres. La preuve de ce point historique se tire du poème la Philippide, de Guillaume le Breton, qui a composé une vie de Philippe-Auguste, dont il était le chapelain lors de la bataille de Bouvines. « Dans ce lieu, dit-il en parlant de Chartres, tous vénèrent la chemise dont la Vierge bienheureuse était vêtue lorsqu'elle enfanta l'Agneau. » Un nouvel accident faillit ruiner l'édifice commencé avec tant de zèle et de peine par Fulbert, et continué par son successeur Yvon. Le 12 juillet de l'année 1308, le tonnerre, au milieu d'un orage affreux, embrasa la charpente de la tour carrée, et fondit, avec le plomb de la torture, les six cloches qui y étaient suspendues Le feu dura jusqu'au lendemain, et il aurait dévoré l'église tout entière, si l'on n'eût pas démoli la charpente la plus voisine du clocher. Louis XII vint au secours des habitants de Chartres, et donna, pour réparer le désastre, 2,000 livres, qui valent 7,000 francs de notre monnaie, Jean Texier, dit de Beauce, fat chargé de reconstruire une nouvelle tour; et c'est à lui que nous devons l'admirable clocher si heureusement sauvé dans le dernier sinistre. Ce clocher est un des plus magnifiques d'architecture qui existent en France. Le souvenir du travail de Texier nous a été transmis par une inscription écrite en lettres gothiques, sur une pierre, dans la chambre au clocher, dite la chambre de la sonnerie. C'est la tour qui parle. Je fu jadis de plom et de bois construict, Grant, hault et beau et de somptueux ouvrage, Jusques à ce que tonnerre et orage M'a consommé, dégasté et détruite. Le jour de Sainte-Anne, vers six heures de nuict, lui l'an compté mille cinq cens et six, Je fu brûlé, démolli et recuict. Et avec moi de grosses cloches six. Après, messieurs, en plein chapitre assis, Ont ordonné de pierre me refaire A grande voulte et pilliers bien massifs, Par Jehan de Beaulse, ouvrier qui le sceut faire. L'an dessus dict, après pour me refaire, Firent asseoir le vingt -quatrième jour le mois de mars, pour la première affaire Première pierre et autres sans séjour. Et en apvril, huictiesme jour, exprès René d'illiers, évêque de renom. Perdit la vie, au lieu duquel après Fust Erard mis par postulacion. En ce temps-là qu'à vois nécessité A voit des gens qui pour moy lors veilloient De bon cœur, fust hiver ou esté. Dieu leur pardoint, car pour lui travaillaient. Il est curieux de savoir quelle était la rétribution dont se payaient de pareils travaux. Selon les chroniques du temps, le maître entrepreneur, que dirigeait Jean Texier, gagnait sept sols par jour, et ses ouvriers cinq sols. Un pareil salaire explique les merveilleuses constructions qui couvrirent l'Europe au moyen âge. L'architecte travaillait pour Dieu, et ne s'occupait ni d'argent ni de renommée. L'Eglise seule pouvait accomplir ces miracles de l'architecture. Pour terminer un monument, elle appelait souvent tout un peuple ; cent mille hommes travaillaient à la fois à la cathédrale de Strasbourg. Lorsque Fulbert fit bâtir celle de Chartres, la chronique de Rouillard dit « qu'il y semondit grands et petits, y embesogna esclaves et hommes de corps, adjurés et officiers de l'Eglise » ; c'est même une tradition que les plus illustre: évêques étaient architectes et bâtissaient. La magnifique église de Saint-Etienne de Caen a été construite par Lanfranc; Thomas Becket bâtit une église pendant son exil. Quant aux noms des ouvriers qui ont élevé la plupart de nos monuments religieux, presque toujours on les ignore. Ces hommes candides, à la fois puérils et profonds, ont à peine soupçonné le temps, et ont passé sans que l’on ne connût rien d'eux que leurs œuvres. Ce qu'on sait, c'est qu'ils faisaient partie de quelques-unes de ces vastes et obscures associations répandues partout. Pour savoir avec quel soin ils ont travaillé, perdus qu'ils étaient dans l'association, il faut parcourir les parties les plus inaccessibles des cathédrales, s'élever aux dernières pointes des flèches, où le couvreur ne grimpe qu'en tremblant. Là, on rencontre souvent quelque ouvrage délicat, quelques dentelles de pierre, où le pieux architecte a usé sa vie. On n'y trouve aucun nom, l'ouvrier eût cru voler sa gloire A Dieu, et il n'a travaillé que pour le remède de son âme. Le dernier accident arrivé à l'église de Chartres date du 15 novembre 1674. Le feu fut mis au clocher par l'imprudence d'un des veilleurs gardiens de l'église ; mais l'incendie fut arrêté à temps et ne détruisit aucune partie de l'édifice. La cathédrale domine la ville de Chartres. Sur la façade principale s'élèvent deux tours carrées surmontées de deux flèches de forme octogone. Celle qu'on appelle le vieux clocher a trois cent quarante deux pieds de hauteur ; le clocher neuf en a trois cent soixante-dix-huit. Ces deux clochers s'élèvent sur des lignes parallèles ; l'un, dit le clocher vieux, étonne par sa masse énorme, sa forme pyramidale et ses belles proportions. Vers le haut de cette pyramide, et près d'une ouverture, il existe une échelle en fer par laquelle on monte à la croix, qui est entée dans un globe de cuivre doré et surmontée d'un croissant de même matière, qui y fut posé en 1681. L'ordonnance mâle de ce clocher se distingue spécialement par l'heureux accord des lignes, parfaitement en harmonie avec la sévérité du style de l'église. Ce clocher est percé sur chaque face de plusieurs fenêtres ogives, dont les plus élevées sont surmontées de frontons aigus et accompagnées d'obélisques qui flanquent les angles de la tour. Il contenait autrefois trois grosses cloches, appelées bourdons, qui ont été cassées et fondues en 1792. La charpente qui les supportait est remarquable par sa belle construction. On y voit deux poinçons dont les culs-de-lampe sont ornés de bas reliefs ; sur l'un est un écusson aux armes de France, dont le nombre des fleurs-de-lis, réduit à trois, indique le règne de Charles VI ; sur l'autre cul-de-lampe sont les armes de l'ancien chapitre de Chartres. Le second clocher, dit le clocher neuf, commande l'admiration, tant par la hardiesse de sa structure que par la richesse et la délicatesse de ses ornements. Il est divisé en plusieurs étages voûtés en pierre ; le premier, situé à la hauteur du comble de l'église, est appelé la chambre de la sonnerie. La longueur de la façade entière est de 150 pieds. Elle est coupée par trois grandes portes, sur chacune desquelles sont pratiquées des voussures ogives. De petites statues, placées dans des niches ou sculptées dans la pierre, ornent les portes et la façade. Les rois, les reines, les ducs, les seigneurs y coudoient les évêques, les saints, les vieillards de l'Apocalypse. La longueur de l'église, à son intérieur, est de 396 pieds sur 103 de largeur. La longueur de la nef est de 222 pieds sur 46 de largeur ; la hauteur sous clefs de voûtes est de 106 pieds. Deux rangs de vastes croisées et trois grandes rosaces garnies de superbes vitraux peints laissent pénétrer dans l'église une mystérieuse lumière. Trente-neuf autels ou chapelles ont été ménagés tout autour des murailles ; et chacune de ces chapelles porte un nom cher à l'histoire et aux âmes pieuses. Ce qu'il y a de plus remarquable à l'intérieur, ce sont les groupes qui forment la clôture du chœur ; ces groupes, encadrés et surmontés de découpures à jour et d'arabesques, reproduisent les principales scènes de la vie de la Vierge et de Jésus-Christ. C'est encore à Jean Texier que nous devons ce chef-d'œuvre ; il y travailla jusqu'en 1529 ; Michel Bourdin, d'Orléans, continua et laissa l'œuvre en 1611 à Dieu et à Legros, qui l'achevèrent. Ces admirables sculptures ont échappé au dernier incendie. Sous le vaisseau de la cathédrale s'étend une église souterraine, où l'on remarque treize chapelles. Auprès de celle de la Vierge, on voyait le puits des Saints sortis, ainsi nommé d'après la tradition, parce que Quirinus, gouverneur de Chartres, y fit précipiter les corps des martyrs chrétiens. Tel est le monument magnifique dont les flammes viennent de détruire quelques parties. Nous avons dit dans une de nos dernières livraisons, quels admirables efforts ont été faits pour le soustraire à la destruction complète, qui, grâce à tant de dévouements, ne l'a pas atteint. Mais de grandes ruines ont été faites et demandent, pour être réparées, le concours des citoyens et du gouvernement. Nous espérons que celui-ci ne fera pas faute, et qu'il s'associera aux nombreux donateurs qui se sont fait inscrire, par le mouvement le plus noble et le plus spontané, pour contribuer à la réédification d'un des plus beaux monuments catholiques que nous possédions.

Source : BDV
Avertissement : ce texte restitue l'opinion de son auteur sur les faits, les choses ou les gens évoqués à l'époque où il a été écrit. O tempora, o mores... cet article est fruit d'un contexte. Il ne présume en rien de l'avis de l'éditeur du site sur le sujet évoqué.

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