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A voir : Notre-Dame de Consolation

LUXEMBOURG (Hollande), Notre-Dame-de-Consolation. Les Jésuites établirent d'abord à la place où se trouve aujourd'hui cette chapelle une croix qu'ils allèrent y poser en procession, le 8 décembre 1624. Cette croix fut bientôt l'occasion d'un nombreux pèlerinage qui ne tarda pas à produire des aumônes et des offrandes suffisantes pour entreprendre la construction de la chapelle, qui fut achevée dans l'espace de deux ans. L'an donc 1625 fut posé avec beaucoup de solennité le fondement de la chapelle : les écoliers y marchèrent dévotement en procession avec le peuple, et après le Veni Creator chanté, et une petite prédication faite, les premières pierres, gravées et marquées du saint nom de Marie, furent assises par plusieurs personnes de marque, à savoir: Son Excellence Monseigneur le comte de Berlaymont (pour lors gouverneur de la ville et pays de Luxembourg) ; le comte d'Egmont, le comte de Manderscheid, les RR. prélats de Saint-Maximin et de Munster, qui furent suivis de plusieurs gentilshommes, conseillers, échevins et bourgeois, tous lesquels témoignèrent une dévotion et libéralité non pareille à contribuer pour l'édification de la chapelle. Il existe une notice rédigée par les Jésuites du pays, ainsi que les lignes que nous venons de copier. Nous allons en citer une grande partie que nous abrégerons à dessein, à cause de son style lourd et diffus, dont nous avons peut-être laissé subsister de trop longues traces. Il y avait longtemps que des personnes zélées pour la gloire de la sainte Vierge et pour le bien spirituel des habitants de Luxembourg, souhaitaient à cette ville l'avantage d'avoir une chapelle dédiée à l'honneur de Notre-Dame, qui, située à quelque distance des portes, fût le terme de la dévotion des peuples. Les Jésuites de Luxembourg entre autres regardaient cet établissement comme un moyen très propre pour inspirer, non seulement à leurs écoliers, mais encore à tous les fidèles du pays, une tendre et solide dévotion à Notre-Dame. Le P. Jacques Broquart, dont la mémoire sera en une éternelle bénédiction, se chargea de l'entreprise. Son supérieur fut ravi de trouver l'occasion de signaler sa piété envers la sainte Vierge, et de pouvoir concourir à cette bonne œuvre. Le P. La Croix, si connu par les ouvrages de piété qu'il a donnés au public, se trouva en même temps provincial. Personne n'était plus capable que lui de prêter efficacement la main à l'exécution de ce pieux dessein, Il écouta avec applaudissement la proposition qu'on lui fit, de permettre qu'on s'employât à l'érection de la chapelle, et entra dans toutes les vues du recteur et du P. Broquart. Il s'agissait d'avoir un emplacement propre, à une distance raisonnable des portes. On le trouva dans un des plus beaux endroits qui soit aux environs de la ville, et le long d'un grand chemin, commode et fort pratiqué, à un quart de lieue des remparts. Le terrain appartenait à deux citoyens, qui le consacrèrent de bonne grâce au saint usage qu'on en voulait faire. On en prit d'abord possession, en y plantant une belle et, grande croix le jour de la Présentation de la sainte Vierge, l'an 1624. Et la même année, le jour de la Conception, les écoliers du collège y portèrent en procession une image de Notre-Dame, qui fut attachée à la croix, et qui devint l'objet de la dévotion des peuples. Un grand nombre de personnes, y allaient chaque jour faire leur prière. Cependant on traçait le plan de la chapelle, et après avoir été lui-même sur les lieux, le comte de Berlaymont, gouverneur de la ville et pays de Luxembourg, permit aux Pères de la bâtir dans l'endroit marqué. Ce fut donc l'an 1625 que l'on en jeta les fondements. On n'oublia rien de ce qui pouvait rendre cette action célèbre. Son Excellence le comte de Berlaymont, les comtes d'Egmont et de Manderscheid, les abbés de Saint-Maximin et de Munster, placèrent les premières pierres, en présence de la noblesse, des conseillers, des échevins de la ville et d'une grande multitude qui y était venue en procession. On bénit les pierres fondamentales toutes marquées au nom de Marie, puis on les posa. A mesure que le bâtiment s’élevait, la dévotion à la sainte Vierge augmentait dans les âmes. Cependant la peste qui survint alors et qui désola tout le pays, fit suspendre l'ouvrage. On ne songea presque plus qu'à pleurer les morts que la maladie enlevait en grand nombre, et à se préserver soi-même de la contagion. Pour comble de contre temps, le Père chargé de la bonne œuvre, et sur qui roulait toute l'entreprise, fut lui-même attaqué du mal, et se vit en peu de jours à l'extrémité. Il avait reçu les derniers sacrements, et on n'en espérait plus rien, lorsque, ranimant ses forces et sa confiance en la Mère de Dieu, il espéra contre toute espérance de recouvrer la santé par son intercession. Il l'invoqua, la conjura de lui obtenir la grâce d'achever ce qu'il avait commencé à son honneur; et avec la permission de son supérieur, il fit vœu d'aller pieds nus de la ville à la chapelle, dès qu'elle serait achevée, et d'y faire la première offrande, en y portant un cierge de deux livres. Sa prière fut exaucée ; le feu qui le dévorait intérieurement se jeta au dehors ; le charbon parut au côté droit de l'estomac, et l'inflammation se dissipa si subitement et si heureusement, que le Père se trouva guéri aussitôt et en état d'agir. Toute la ville, qui savait sa maladie, et qui le comptait déjà au nombre des morts, apprit le miracle avec joie, dans l'espérance qu'il avancerait l'ouvrage, que les malheurs du temps ne faisaient pas perdre de vue. On comprit de plus que la main de Dieu, qui s'était ouverte en faveur de ce religieux, ne serait point fermée pour ceux qui invoqueraient sa sainte Mère, et que cette mère de bonté serait la consolation publique dans l'affliction où l’on se trouvait alors. Les Pères du collège, fortement prévenus de cette pensée, convinrent tous de donner le titre de Consolatrice des affligée à la Vierge qu'on exposerait dans la chapelle. C'est là l'origine du nom qu'elle porte. La faveur spéciale que le P. Broquart avait obtenue de la sainte Vierge redoubla son zèle. Il reprit l'ouvrage avec une nouvelle ferveur et le pressa si assidûment, que la chapelle fut achevée en 1627, et en état d'y pouvoir célébrer, le 5 août, fête de Notre-Dame-des-Neiges. Ce qui se fit avec grand appareil. Mgr l'évêque d'Azot, George de Helfenstein, suffragant de Son Altesse Electorale, la consacra le 10 mai de l'année suivante. Voici la forme qu'on donna à la chapelle. Ce fut d'abord une rotonde de 24,5 mètres de circonférence. Six arcades à plafond avec des pilastres de l'ordre dorique partagent également tout l'espace du dedans. La porte est prise dans l'une de ces arcades ; l'autel est dans celle qui y répond, et les fenêtres sont dans les quatre autres arcades ; à la naissance de la voûte, qui a aussi ses ornements, l'ordre est terminé par une corniche qui règne le long du contour de la chapelle. Quelques années après, ce vaisseau étant trop petit en égard à la multitude des personnes qui le fréquentaient, on fut obligé de l'augmenter, comme je le dirai dans la suite. Dès que l'autel fut dressé, on y plaça la statue de Notre-Dame, telle qu'on la voit aujourd'hui. Elle est haute d'environ 90 centimètres. La Vierge y est représentée portant l'enfant Jésus sur le bras gauche, et tenant le sceptre et la clef d'or de la main droite, avec une couronne sur la tête, dans une attitude majestueuse qui exprime sa qualité de reine, et avec un air si gracieux et si doux, qu'il est difficile de mieux représenter la mère et la consolatrice des affligés. La statue fut bientôt ornée de riches parures. On la revêtit de robes relevées en broderie et couvertes de diamants, avec des colliers et de longs tours de perles, retroussés par le milieu et pendant les uns sur les autres des deux côtés en forme de festons. C'est ce qui se voit dans les images qu'on en a tirées en très grand nombre. Telle est la statue miraculeuse en laquelle Dieu à permis que sa sainte Mère fût spécialement honorée, et qu'il a rendue célèbre par la confiance des peuples et par les grâces qu'il leur accorde. Tel est l'objet de la vénérationparticulière de la ville et de tout le pays de Luxembourg, et la puissante protectrice que Dieu leur avait destinée. La chapelle étant bâtie, et la maladie, qui avait fait tant de mal, ayant heureusement cessé, chacun s'empressa à donner à la sainte Vierge des marques de sa dévotion en visitant le nouveau sanctuaire érigé en son honneur. On la regardait comme l'étoile bienfaisante qui par ses influences salutaires avait dissipé l'air contagieux. On allait en foule l'en remercier, et solliciter des grâces particulières, chacun selon ses besoins. Il se faisait des processions, des pèlerinages, des neuvaines, des communions dans sa chapelle. On y faisait dire des messes. On décorait son autel. La dévotion était universelle. On s'y rendait en foule, non seulement des lieux circonvoisins, mais encore-des pays éloignés, et le nombre des pèlerins fut si grand, qu'on en compta au delà de soixante mille en quatre ou cinq mois de temps. Cette affluence de monde, qui augmentaittous les jours, obligea les Pères d'agrandir la chapelle. Ils communiquèrent leur dessein au baron de Beck, général des armées du roi aux Pays-Bas, et commandant dans le duché, et lui demandèrent son agrément. Le Commandant, après être allé lui-même visiter la place, et ayant entendu les experts, ne jugea pas qu'un nouveau bâtiment dût nuire aux fortifications de la ville, et permit qu'on bâtit au nord de la chapelle. On ne perdit point de temps. La première pierre fut posée le 10 mai de la même année 1640, en présence du général, des abbés de Munster et d'Orval, et d'un grand nombre de personnes de qualité. Ce qu'on y ajouta est un carré du même ordre d'architecture que la rotonde, et on fit de la rotonde comme une avant-chapelle ou vestibule de la seconde chapelle ; on fit une porte de communication de toute l'arcade qu'occupait l'autel, et l'autel fut placé vis-à-vis de la porte dans la face qui lui répond. Il est parfaitement éclairé par deux grands jours qui sont à côté dans lès faces collatérales. La seconde chapelle et le clocher dont elle est ornée furent encore le fruit du zèle, de la piété et des soins du P. Broquardt. Il en conçut lui-même le dessein et l'exécuta en très peu de temps. Comme le bâtiment nouveau surpassait de beaucoup le premier, l'évêque d'Azot, Othon de Senheim, suffragant de Trêves, eu fit une nouvelle consécration le 5 juillet. On y reporta en procession la statue de la Vierge, qui avait été apportée dans l'église du collège, tandis qu'on bâtissait; et on fut si pressé de la mettre sur le nouvel autel, qu'on n'attendit pas que l'ouvrage fût entièrement achevé. Ainsi les premières faveurs obtenues par l'intercession de la sainte Vierge excitèrent la confiance et la dévotion des peuples : les faveurs se multiplièrent ; la confiance augmenta. On fit éclater en mille manières son zèle et son dévouement pour la sainte Vierge, et la sainte Vierge, par un effet de sa bonté et de cette grande puissance que Dieu lui a donnée, signala sa protection par un très grand nombre de miracles. Toutes ces guérisons miraculeuses arrivèrent l'année 1640, année que la chapelle fut entièrement achevée, et qu'on en fit la consécration. Tant de miracles en si peu de temps, et des miracles avérés, examinés, approuvés, produisirent sur les esprits des effets qu'il n'est pas difficile d'imaginer. Luxembourg connut de là son bonheur. Les habitants de cette ville et tout le pays s'estimèrent heureux de posséder un si précieux trésor. Les peuples voisins se réunirent avec eux dans les sentiments d'une tendre dévotion envers la sainte Vierge. Au reste, loin de se ralentir, ces mouvements de ferveur n'ont fait qu'augmenter dans la suite : les belles et nombreuses processions continuent, et il ne se passe point d'année qu'on ne voie cinquante à soixante paroisses conduites par leurs dignes pasteurs, qui viennent avec la croix et les bannières, rendre leurs hommages à Notre-Dame-de-Consolation. Plusieurs même se sont engagés par vœu à faire ce pèlerinage deux ou trois fois l'an. Les personnes de la première distinction ne le cédèrent en rien au peuple dans les honneurs qu'on rendit dès lors à la sainte Vierge. Son Altesse Charles Gaspar, archevêque prince électeur de Trèves, y vint exprès, y entendit la messe et s'en retourna sans entrer à Luxembourg. Le comte d'Embden y voulut faire ses dévotions avant de partir pour le siège de Spire, et y invoqua le secours de Notre-Dame pour le succès de cette expédition qui lui fut si glorieuse. Le baron de Beck, son successeur dans le gouvernement, n'a jamais commencé ses campagnes sans aller auparavant visiter la chapelle, et demander l'assistance de la Mère de Dieu. On sait avec quelle gloire il les a souvent terminées. Aussi avait-il soin d'en marquer publiquement sa reconnaissance, comme il fit surtout en 1642, après la victoire de Honnecourt; car, avant de rentrer dans la ville, il alla remercier sa bienfaitrice. Il avait coutume de dire qu'il ne lui arrivait rien d'heureux qu'il n'attribuât à l'intercession de la sainte Vierge. Le duc d'Havré, qui lui succéda, avant de faire son entrée dans la capitale, descendit à la chapelle avec la duchesse son épouse, pour y rendre ses honneurs à la Mère de Dieu. Ils y furent un assez long espace de temps à prier, ce qui édifia extrêmement un grand nombre de seigneurs et de dames qui étaient allés au devant d'eux et qui les attendaient le long du chemin. Mais personne n'a surpassé la piété du prince et de la princesse de Chimay. Ce sage guerrier a été assidu, pendant tout le temps de son gouvernement, à porter ses respects à la Reine des anges, et la vertueuse princesse, son épouse, s'est fait un devoir d'aller tous les jours dire ses prières à la chapelle, et y entendre la messe, quand sa santé le lui a permis. On ne s'est pas contenté de venir visiter la sainte chapelle, on l'a encore enrichie de présents. Plusieurs villes et bourgades y ont envoyé leurs cierges. La ville de Luxembourg y donna le sien avec ses armoiries. La ville d'Epternach y en envoya un par ordre de l'abbé de Fisch, qui en était seigneur. Le prince électeur de Cologne, Charles-Ferdinand, en fit présenter un orné de ses armoiries, qui fut reçu des mains du chapelain de S. A. S. E. par le P. de Montmorency, alors provincial des Jésuites. D'autres villes et villages des environs ont aussi donné les leurs. On se mit dans ce goût de piété assez commun en Allemagne. Les écoliers, les jeunes gens de métiers, donnèrent les leurs. Les filles d'Arlon se distinguèrent : la paroisse se préparait à venir en procession à la chapelle, lorsque la pluie arrêta tout le monde, hors cette fervente jeunesse. Impatientes d'accomplir leur pieux dessein, elles engagèrent un prêtre à les conduire, et .marchant deux à deux sous leurs bannières, elles vinrent, en chantant les litanies, apporter à la chapelle un cierge de vingt livres. On offrit de même des croix, des lampes, des chandeliers d'argent, des vases sacrés, de riches ornements pour parer l'autel et l'image de Notre-Dame. Le baron de Beck, général des armées du roi, y fit présent d'une lampe d'or, après le rétablissement de la santé de son épouse, qui avait été dangereusement malade et pour laquelle il avait invoqué Notre-Dame-de-Consolation. Le maître-autel même, qui est d'albâtre de différentes couleurs et de l'ordre corinthien, avec tous ses ornements dorés, les deux statues de saint Ignace et de saint François Xavier, les niches et les ornements qui accompagnent l'autel sont des effets de la pieuse libéralité de M. Wiltheim, président de Luxembourg, de madame Wiltheim, née de Benninck, son épouse, et des barons de Chamblay, dont on voit les armes au-dessus du même autel. Les perles, les diamants, les chaînes d'or et tous les riches ornements des robes de la sainte Vierge et de celles de l'enfant Jésus, ces robes elles-mêmes si précieuses et en si grand nombre, sont aussi des présents de différentes personnes qui ont voulu honorer la sainte Vierge et connaître, ses bienfaits. Mais de tous les présents qu'on a faits à la chapelle, quelque grand qu'ils soient d'ailleurs, on peut dire que les plus agréables à Dieu et à sa sainte Mère, et, qui l'emportent sur tout ce que les rois et les princes peuvent offrir de plus riche, ce sont les sentiments d'un cœur contrit, plein de respect, d'amour et de confiance, avec lesquels on vient se présenter devant la sainte image. On y fait en outre des services solennels régulièrement chaque année, et on y célèbre quatre octaves à l'honneur de la sainte Vierge, toujours avec un nouveau concours de monde, avec une nouvelle solennité. Le chemin qui conduit de la ville à la chapelle, avait été autrefois en quelque sorte sanctifié par des monuments propres à exciter la piété dans les cœurs. C'étaient les mystères douloureux de Notre-Dame que l'on avait représentés de distance en distance; ces mystères étaient autant de stations où les peuples avaient coutume de s'arrêter, surtout les vendredis de carême. On y faisait ces jours-là des prières réglées, et l'on disait à la chapelle la messe des Sept douleurs de la sainte Vierge. Mais les différents changements qu'on fit dans la suite aux fortifications de la ville obligèrent d'abattre ces pieux monuments; ce qui ne préjudicia aucunement aux autres pratiques de piété, qui sont encore en usage aujourd'hui. Il ne paraissait pas que le zèle du P. Broquardt eût encore quelque chose à désirer pour L'accomplissement de son œuvre. Il avait vu la chapelle s'élever et s'agrandir par ses soins, la dévotion à Notre-Dame s'établir et s'accroître avec dignité et avec ferveur, les grands et les petits recourir à la sainte Protectrice avec confiance, et la confiance universelle bénie de Dieu par des faveurs miraculeuses, qui se renouvelaient tous les jours. Que lui restait-il encore à faire? Une seule chose, qui était de rendre cet établissement durable et d'assurer la continuation de ses saintes pratiques. Pour perpétuer cette dévotion, il jugea qu'un moyen efficace serait de réunir les cœurs en une société sainte, qui eût pour fin d'honorer particulièrement Notre-Dame, et qui fût enrichie des privilèges que les souverains pontifes accordent à ces unions spirituelles, si anciennes et si autorisées dans l'Eglise. Il songea donc à dresser le plan de la confrérie de Notre-Dame de Consolation. Il pria pour cet effet, il consulta, il régla les exercices de cette dévotion. Il lui donna le nom de Confrérie de la Mère de Jésus, consolatrice des affligés. Son projet fut envoyé à Rome et approuvé par le saint-père, qui était alors Innocent X. Le souverain pontife, dans le bref qu'il fit expédier à ce sujet le 27 janvier 1652, après avoir loué la piété, le zèle et la religion des peuples de la ville et du pays de Luxembourg, confirme la confrérie, et l'enrichit d'un grand nombre d'indulgences. La confrérie ainsi approuvée et confirmée à Rome, le fut pareillement à Trèves, le 10 août de la même année, par S. A. Charles Gaspar, archevêque et électeur. On vit des personnes de tout âge, de l'un et de l'autre sexe, qui demandèrent avec empressement d'y être reçues, non seulement le peuple, mais encore les personnes de la plus haute distinction : princes; comtes, marquis , barons, officiers généraux, gouverneurs de provinces, magistrats des premiers sièges, princesses, et dames de la première qualité, tous se firent enregistrer et voulurent faire, par une espèce d'engagement, ce qu'ils n'avaient fait jusqu'alors que par un mouvement de pure dévotion. Plusieurs villes des Pays-Bas eurent part au même bonheur. Elles en furent redevables aux Jésuites, mais surtout au zèle du P. Rutius. Ce Père était recteur à Luxembourg dans le temps que la dévotion à Notre- Dame de Consolation commença d'y éclater. Ardent à procurer le même avantage aux Villes de Flandre, où il y avait des collèges de Jésuites, il fit dresser dans quelques-unes de leurs églises des statues de la sainte Vierge, revêtues et ornées comme celles de Luxembourg. On en vit aussitôt à Douai, à Aire, à Cambrai, à Valenciennes, à Mons, à Ath, à Maubeuge, à Liége, à Namur et à Hui. Dans tous ces lieux la piété était grande, les chapelles richement parées, et en quelques endroits les miracles fréquents. Le comte de Grobendonck, gouverneur de Douai, contribua beaucoup, et par son exemple et par ses libéralités, à augmenter la dévotion qu'on avait à celle qui était dans l'église du collège de cette ville. Les honneurs qu'on rendit à celle de Cambrai commencèrent chez les bénédictins. Aussitôt que l'image de Notre-Dame fut faite, on la déposa avec cérémonie dans leur église du Saint-Sépulcre, et le jour qu'elle y demeura fut un grand jour de fête; il y eut service solennel, prédication et bénédiction ; en suite de quoi ces RR. PP. apportèrent la sainte Vierge en procession dans l'église des Jésuites. Ce n'était pas seulement dans les églises des Jésuites qu'on honorait Notre-Dame de Consolation. Elle était aussi représentée et honorée dans l'abbaye de Sin à Douai et dans celle d'Arrouaise en Artois. Il y avait pour cette dernière une confrérie à l'imitation de celle de Luxembourg, confirmée par N. S. P. le pape Alexandre VIII. La même image était honorée à Igel, dernier village du pays de Luxembourg, et dans le château de Linster. Enfin le zèle d'un des Pères de la compagnie a établi cette dévotion jusque dans le royaume de Bohême, où, appuyé du crédit du comte de Lambay, il a placé une statue semblable à celle de Luxembourg, à quelque distance des portes d'Arnaux : elle fut toujours depuis l'objet de la piété des habitants de cette ville et des peuples d'alentour. La Vierge consolatrice répandait ses faveurs dans les pays éloignés, mais elle n'oubliait pas son peuple chéri. Il semble même qu'à mesure qu'elle se communiquait ailleurs, son attention augmentait sur le pays où cette dévotion avait commencé. Aussi Luxembourg et tous les environs s'accordèrent-ils à lui déférer les honneurs qu'exigeait une protection si déclarée. Jusque-là chacun, s'était contenté d'honorer Notre- Dame de Consolation et de la remercier en particulier. Mais les faveurs de cette puissante protectrice devenant tous les jours plus générales, tout le monde s'unit de concert pour en témoigner une reconnaissance publique, persuadé que les faveurs que Dieu accorde en commun doivent être reconnues des fidèles par des actions de grâces faites en commun. On choisit pour cette solennité un dimanche, 10 octobre; on en avertit le peuple. Les officiers du roi, les magistrats de la ville, les députés des corps et métiers, avec une multitude de gens de Luxembourg et des lieux circonvoisins, se rendirent à la chapelle où l'on devait aller prendre la sainte Vierge pour l'apporter en procession dans l'église. Aussitôt que l'on vit la sainte image approcher des portes, on tira le canon des remparts et l'on sonna toutes les cloches ; ce qui dura jusqu'à la fin de la procession. On avait dressé au milieu du chœur de l'église des PP. Jésuites un autel isolé, chargé d'un grand nombre de chandeliers d'argent. Au-dessus était un grand cartouche dans le quel ou lisait ces mots en gros caractères : MARIA MATER JESU, CONSOLATRIX AFFLICTORUM, PATRONA CIVITATIS LUCILIBURGENSIS, C'est-à-dire : Marie, mère de Jésus, consolatrice des affligés, patronne de la ville de Luxembourg. Le jour suivant, qui fut une fête des plus solennelles pour la ville, sur les neuf heures, le gouverneur se rendit à l'église du collège, précédé de sa garde. Avec lui se trouvèrent le comte de Furstemberg, le marquis de Gonzague, le comte de Beaumont, un nombreux cortège, et les conseillers et autres officiers du roi. L'abbé de Saint-Maximin célébra la grand’ messe, et l'on prêcha sur ces paroles : Consolatrix afftictorum. Le prédicateur fit voir dans son discours la gloire et les avantages que la ville devait se promettre du choix qu'elle faisait de Notre-Dame-de-Consolation pour sa patronne. On était persuadé dans la ville que la Mère de Dieu la conservait. C'est pour cela qu'on imaginait tous les jours quelques nouvelles manières de lui en témoigner sa reconnaissance. On trouva que lui offrir une clef d'or qu'on lui laisserait attachée au bras, serait en même temps un monument, et de la protection dont elle daignait honorer la ville, et de la gratitude dont la ville souhaitait reconnaître sa protection. Une dame également riche et pieuse, donna une assez grande quantité d'or pour commencer. Plusieurs personnes de condition l'imitèrent. On en eut bientôt suffisamment pour en faire une clef de la grosseur de celles des portes de la ville. La clef fut présentée avec cérémonie sur un fond de velours rouge, orné de dentelles d'argent, et posé au pied de la sainte statue. On enrichit l'autel de dons précieux. On dressa sur une des portes de la ville la statue de Notre-Dame-de-Consolation; quelques particuliers en placèrent à l'entrée de leur maison. Le concours de monde qui allait visiter la Sainte chapelle continua d'être toujours nombreux, et les miracles furent toujours très fréquents. Il ne faut pas s'étonner, après tant de merveilles, que la dévotion à Notre-Dame se soit si prodigieusement accrue, car on en vint jusqu'à ce point, que toutes les villes du duché de Luxembourg et du comté de Chiny, excitées par une sainte émulation, voulurent imiter la capitale, et se choisir chacune en particulier la patronne commune, ainsi que l'avait fait Luxembourg onze ans auparavant. La résolution en fut prise le 6 octobre de l'année 1677, par les trois Etats de la province, et fidèlement exécutée le 20 février de l'année suivante. Il y eut grand' messe en musique huit jours de suite, et un salut sur le soir, où tous les corps de la ville assistèrent avec les députés. On offrit à la sainte Vierge un cierge de soixante livres pesant, et une plaque d'argent sur laquelle étaient gravés ces mots : Mariam mattem Jesu consolatricem afflictorum provencia Luxemburgensis ordines in patronam elegeruni. Et ad sempiternam rei memoriumi hane tabulum appenderuni vigesimo Februarii, anno M.DC.LXXVIII. « Tous les états de la province de Luxembourg ont élu Marie, mère de Jésus, consolatrice des affligés, pour leur patronne. Et afin d'en conserver on souvenir éternel, ils ont dressé ce monument le 20 février M.DC.LXXVIII. » Non seulement les villes de la province, mais encore les différentes paroisses de chacune de ces villes, voulurent aussi se mettre sous la protection de Notre-Dame, ce qu'elles firent avec un empressement extraordinaire. Mais parce qu'il fallait les suffrages des habitants de chaque ville en particulier, tous, sans en excepter aucun, le donnèrent; et après le consentement que l'archevêque de Trèves et le prince de Liège accordèrent avec joie, les députés présentèrent leur requête à la Sacrée Congrégation des Rites pour obtenir des Indulgences. Ce que le pape accorda le 29 mai 1779, à la sollicitation du cardinal Slusius; savoir: une indulgence plénière pour chacun des huit jours que durerait la cérémonie, et chaque année pour le jour de l'anniversaire de la solennité, en visitant l'image miraculeuse. On en donna aussitôt avis à toutes les paroisses. On fixa la fête du patronage de Notre-Dame au premier dimanche de juillet, et elle fut établie sous le rite double de la première classe, avec octave. On avertit pareillement du jour qu'on devait reporter la sainte statue dans sa chapelle ; et malgré le danger des chemins, qui étaient infestés de voleurs et fréquentés par des gens de guerre, Il n'y eut presque personne dans le pays qui ne voulût gagner les indulgences et honorer le triomphe de la sainte Vierge. On y accourut, non seulement des endroits les plus reculés de la province, mais encore de Trèves, de Metz, de Thionville, et en si grand nombre que l'on a rarement vu un tel concours de peuple. Depuis que la dévotion à Notre-Dame-de-Consolation a été introduite, on a la satisfaction de la voir se soutenir. Même confiance, même ardeur à l'honorer. Pendant tout le cours de l'année, la chapelle de Luxembourg était très fréquentée. On y venait de toutes parts implorer sa protection. Les trois autels ne suffisaient point au grand nombre de prêtres qui venaient y célébrer. On fut obligé d'en ajouter un quatrième. C'est surtout pendant l'octave que le concours était également prodigieux et édifiant. Chaque jour plusieurs villages entiers, ayant leur pasteur à leur tête, s'y rendaient en procession, le chapelet à la main, et il se disait ordinairement, pendant cette octave, treize à quatorze cents messes. Tous les confesseurs de la ville ne suffisaient point à la foule des pénitents. Le nombre des communions était presque incroyable. Il n'y avait auparavant indulgence plénière que le dimanche dans l'octave. La trop grande multitude des communiants a engagé le souverain pontife à l'accorder pour chacun des jours de l'octave que l'on choisirait à cet effet. Il est encore des pèlerinages fréquentés; mais quelquefois les divertissements y succèdent aux exercices de dévotion. Dans celui-ci, nul divertissement. Point de danses, point de festins, point de jeux. La seule piété peinte sur le front des pèlerins les y amenait; et ce qui peut être regardé comme un grand miracle, c'est que parmi cette multitude innombrable de personnes obligées, faute de logement, de passer la nuit dans les rues ou dans les campagnes, il est inouï qu’il ne s’y soit jamais passé le moindre désordre.

Source : BDV
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